Chapter 1 - Welcome to the Urban Jungle !

Pour le titre de ce premier chapitre, je n’ai pas vraiment eu longtemps à réfléchir pour tout te dire. Ah oui, commençons d’emblée par de bonnes habitudes, je vais te tutoyer, si tu le veux bien. Merci.
Il est des spectacles qu’il n’est pas aisé de dépeindre. La folie littérale qui embrase cette ville est difficilement descriptible en effet. A l’heure où je t’écris, voilà 10 jours que je parcours cette jungle surnaturelle, ou plutôt peu naturelle, tant la Nature en est absente. En revenant d’une projection d’un film bollywoodien, en hindi non sous-titrée (c’est dire si j’ai un pète au casque), et après un inénarrable parcours du combattant, je me faisais la réflexion que l’Homme était réellement insensé de construire de pareilles cités. Comment s’épanouir dans ce bain infernal : béton, pollution, klaxons ?! Au mieux, on sait nager ou surnager, quand d’autres coulent. C’est pas cool, mais c’est la Vie et ici, on la prend aussi sûrement qu’un train en pleine mangue (choisis ton fruit en fonction de ta physionomie). Néanmoins, comme tu le vois, la grande Mumbai (anciennement Bombay) comptent aussi de somptueux monuments, datant pour la majorité de l’époque coloniale. Je ne te ferai pas l’historique, simplement il est bon de rappeler ici que ce beau et grand pays fut longtemps une colonie britannique et ce dès le 17ème siècle. En 1947, en grande partie grâce aux actions non-violentes menées par le Mahatma Ghandi, l’Inde acquiert son indépendance. Donc oui, Mumbai est par certains aspects une très belle ville. Mais un bon vieux Gandalf aurait tôt fait de nous souffler à l’oreille : « fuyez pauvres fous ! »

Agoraphobes, passez donc votre chemin. Cette mégalopole tentaculaire s’étend sur plus de 30km du Nord au Sud et compte + de 20 Millions d’habitants, soit 1/3 de la population française ! Vache !Dans une cacophonie absolument délirante et presque incessante, tout ce petit monde se meut au sein de cette forêt de béton, forçant le passage et jouant sa vie à chaque carrefour comme dans un jeu vidéo où l’on en aurait 99. C’est beau de croire à la réincarnation quand même !
Au milieu de tout ça, dans la rue, sur les trottoirs : une vache esseulée, un barbier, un chien qui flâne, un vendeur de barbapapa fluo, un mini temple, un vendeur de chai (thé noir très sucré mélangé avec du masala dans du lait bouillant : un délice!), deux vendeurs de chai, trois… un mendiant estropié, un balai de femmes en sari multicolores, et surtout des hommes pressés avec un teint de soleil.
Peut-être te dis-tu que c’est caricatural, ou que je n’aime pas trop ce pays. Je te rassures tout de suite, j’adore ce pays rempli de fous, et pour en être un beau spécimen moi-même, je m’y sens comme un poisson dans l’eau. Car l’Inde c’est aussi mille saveurs, mille surprises, des rencontres magiques : avec les gens, avec la Nature, avec la Vie. Tantôt dans un rythme trépidant aussi enlevé qu’un solo de tablas, tantôt dans le songe et l’intimité du cœur des Hommes. Les Indiens sont bien souvent curieux et lient facilement la conversation. Quand aux sujets évoqués : ils sont aussi nombreux que les Dieux Hindous, alors mieux vaut être souple au pays du yoga ! L’Inde c’est tout ça. Si on ne s’y sent pas vivant, c’est qu’on est déjà mort !  
Quand à l’aspect caricatural… je te rassure...rai pas : c’est bien pire en vrai ! Je crois que pour celui qui n’a jamais voyagé, c’est tout bonnement impossible à imaginer. Voilà pourquoi je vais t’aider un peu à découvrir ce riche pays, cette autre planète empreinte malgré tout de tant de beautés et de spiritualité. Aucun office de tourisme au monde n’a mieux résumé son pays que l’Inde : « Incredible India ! »

Sinon quoi de neuf depuis 12 ans et mon dernier passage ici ? C’est simple : la ville se développe et grossit aussi sûrement que le portefeuille des nantis et le fossé qui ne les lie pas aux plus pauvres, l’écrasante majorité. Les plus aisés affichent toujours un même mépris hautain pour la grande majorité invisible du peuple, tout comme pour le voyageur de passage, ce qui est moins grave bien sûr. Le changement le plus significatif est le tsunami écœurant de ces saloperies de smartphones.  Pas désolé pour le gros mot. Ceux-ci rendent les consommateurs, euh pardon, les gens, totalement débiles et intrinsèquement coupés de leurs prochains, de leurs sens… de presque tout en fait. Ici, comme presque partout sur la planète madphone, le selfie est érigé en sport national pour multiplier encore un peu plus les dieux et les porter à bientôt 8 milliards d’abrutis autocentrés.
On va pas se quitter là-dessus quand même hein?! Oui je suis un peu chafouin des fois mais ma parole est libre ou n’est pas. Donc pour finir sur une note + positive, la ville semble faire de vrais efforts par rapports aux déchets et je vois réellement la différence : « clean up Mumbai » et « Don’t waste water » peut-on lire ici et là. La sensibilité écologique gagne ici aussi peu à peu du terrain, dans un pays qui était déjà vegan bien avant ton voisin hypster Belin ;)

"Nous vous souhaitons un joyeux voyage" : c'est plutôt de bonne augure 
Un des très jolis monuments que compte la ville.
Le 1er coucher de soleil d'une longue série (j'aime bien que veux-tu) Le superbe Taj Mahal Palace où je n'ai bizarrement pas pris une chambre.
Le cricket : LE sport national en Inde !  L'université de Mumbai en arrière plan et sa tour de l'horloge.
Mon hôtel. Non je déconne. Un gilet jaune égaré, usé par une trop longue marche. En tous cas, pas sur que la misère soit moins pénible au soleil.
Bouillon de vies. J'adore ! Toc-toc et tuk-tuk : les rickshaws font leur show.
Schkroumpf pose devant l'élégant et coloré Victoria Terminus, VT pour les intimes où je prends mon train dans 3h. Indialand ? 
Les amoureux et leur très long banc public. Si j'ai vu des enfants travailler ?
Non. Je devais regarder mon téléphone au moment là.  Le festival artistique de Kala Ghoda, sous mes fenêtres depuis 10j et ici, dans les jardins du musée CSMVS.
Un hommage à Voir Plus Loin ? Un petit cadeau pour tous les enfants qui me suivent, petits et... grande  Au cas où, oui c'est bien des barbapapas ! 
 
J'ai déjà fait la vanne du gilet jaune, mince ! Il s'agit ici probablement d'un sadhou (du sanskrit साधु sādhu, « ayant atteint son but, homme de bien, saint homme » celui qui a renoncé à la société pour se consacrer à l'objectif de toute vie, selon l'hindouisme, qui est le moksha, la libération de l'illusion (māyā), l'arrêt du cycle des renaissances et la dissolution dans le divin, la fusion avec la conscience cosmique. (source : wiki)   
 
"Être au courant" : série Only in India.  

 

 
 

 

 

Chapter 2 - Dhobi, one can it be !

Accroche ton sari mon ami(e), farte tes claquettes ma biquette, prêt pour la course : 1, 2 , 3 Bombay ! C’est d’abord l’histoire d’un gars qui m’a bien baladé, puis d’une rencontre avec des dhobi pas Potter mais lessiveurs et enfin un marché aux bazars et un bazar au marché !
Comme tu le sais ou pas, j’ai dans l’idée de mener à bien un ou plusieurs projets d’aide ici en Inde. Le hasard du Dieu Padbol m’a ainsi fait croiser la route du jeune Ramish. Ce dernier a dû flairer mon pedigree : mi Frère Taraison, mi cocker mignon, et m’a assez vite parler d’une « shoes box » qui pourrait améliorer sa condition. Partant du principe que l’on veille à aider les gens qui s’aident eux-même à Voir Plus Loin et que l’investissement était minime, j’ai donc acheté une caisse faite pour cirer les chaussures au jeune Rabish. Je te passe mille détails qui m’ont occupé 2/3h chaque jour pendant une semaine. A coup de « demain, c’est bon je l’aurai », « je bosse à telle gare mais tu me trouveras pas », de coups de fils, d’entrevues, d’entre 4 yeux et d’entre les voitures, les klaxons et les bobards. Canish m’a floué !
Comme ça et résumé ainsi, tu te dis : ce grand corniaud s’est fait berner comme un bleu. Néanmoins, c’est beaucoup plus complexe et le bleu a autant d’âge qu’un bon whisky dans la pratique. Ce petit gars s’est lui-même pris à son propre piège. Il voulait essayer de tirer quelques sous d’une relation avec un « western » mais a compris un peu trop tard qu’il ne voyait pas plus loin. Pas plus loin que le coin de pavé où il dort, que l’alcool bon marché qui lui fait oublier, que ma main tendue qu’il n’a pas su serrer. Je ne lui en veux pas. J’espère qu’il a appris. Moi aussi, encore un peu. J’étais un peu triste, un peu pour moi, beaucoup pour lui. Lui aussi je crois...

Comme le soulignait Gérard St Brice, metteur en espace de la troupe des Farfadets de Limoges : « Tu te laves et tu oublies  ». C’est donc ce que j’ai fait en filant aux dhobis ghats. Nous vlà donc dans de beaux draps  Mickeline ! But encore ? What is it les dhobis mon Denis ? me diras-tu. Et bien les dhobis ghats, c’est un peu le lavoir de ton patelin dans lequel aurait benné un plein chargement de Laviagra. Résultat : un bordel surdimensionné et actif pendant des heures. (Si tu vois là des connotations outrageuses, change de marque de lessive !;) Plus concrètement, il s’agit de la plus grande machine à laver en plein air de la ville. Ici, des centaines de blanchisseurs lavent et battent le linge dans un millier de lavoirs. C’est une ville dans la ville. Chaque jour, 7 000 personnes travaillent ici pour acheminer, laver, essorer, blanchir, sécher, repasser… Le linge vient des 4 coins de la ville, et je vous rappelle la taille du bébé ! Les hôpitaux, les hôtels, les laveries pas automatiques voisines, bref toutes les entreprises qui veulent laver leur linge en public ont recours aux dhobis wallah : les blanchisseurs. Comme au pays du sorcier à lunettes dont on a fait le 3ème œil en un éclair, les dhobis sont gentils et corvéables. Le travail est souvent harassant et beaucoup m’ont confié qu’en rentrant le soir, ils étaient torchon, chiffon, carpette, bref : lessivés !

Enfin j’ai été faire mon marché au Crawford Market. Le nom m’inspirait bien mais je ne l’ai pas vue. Dommage. Avec tout ce que l’Inde peut porter de fruits et légumes, il y avait en tous cas de quoi refaire le portrait de la belle Cindy à la Arcimboldo. Plus loin, des empilements d’œufs prétentieux défiaient les lois de la gravité ovoïde. S’ils venaient à craîyier (patois vosgien, j’aime bien), une belle omelette de 100m de diamètre inonderait les allées du marché. Encore plus loin, ceux qui avaient survécus à l’état embryonnaire, se retrouvaient cloisonnés dans de petites cages. De rage, ils faisaient exploser leurs couleurs irréelles aux yeux des passants. Un holy de piafs d’impatience. Petit oiseau si tu peux pas déployer tes ailes, ah tu peux pas voler… Triste.
Enfin, je finirai par te présenter Michel, alias Mickael, à mi-chemin entre un gentil Mr Burns et Hotel Transylvania, avec en bonus des petits mots en français. Il s’agit du patron du petit hôtel où je résidais. Dans ce décor suranné, Michel trône invariablement soit derrière son bureau, garni de 3 téléphones fixes (?), d’un portable dans un petit sachet plastique et de tout un bric-à-brac, soit derrière un bon livre, avant de ronquer fort, la porte ouverte. Malgré les locaux (très) vétustes et le confort spartiate, la gentillesse de mon hôte et de sa maman, ont rendu mon séjour bien agréable car je m’y suis senti, comme à la maison.

Ramish. C'est l'histoire d'un type qui voulait une boîte à chaussures...
L'accès à l'eau... Je suis fan !
  Séchage.
Sari descend. On n'est loin du "génie sans frotter", ici faut quand même pas mal d'huile de coude !
501 jeans. Fer à repasser "ça gère" et sari monte !
Harry. Porteur. A vous de me dire...
Fruity Franck : sari gole ! (t'es pas obligé de lire mes légendes pourries en même temps...) Moktar Ahmed, un vendeur de rue avec qui j'ai un peu papoté. Attention en fumant tes bidîs (cigarettes indiennes) lui ais-je dis
J'en veux pas de tes oranges ! Si vous voyez pas ce qu'est un petit boulot. Où est Schkroumpf ?
Allah, Bibi et les 40 vendeurs. Pinces sans rire.
L'install électrique au 1er étage du bâtiment de mon hôtel. Sinon, j'ai aussi dans la collec l'écriteau "vous empruntez cet ascenseur à vos risques et périls", tjs dans mon hôtel !  

 

 

 

Chapter 3 Panaji – Que bom !

Bacalhau mon poto ! Et là direct tu te dis, cet indien a encore pris un coup sur la caraf’. Le corona, le soleil, les épices ? On sait pas ce qui lui arrive, le con il parle portugais maintenant !Histoire dans rajouter une Pampers, je t’écris depuis Bangkok ! Mais ça, je te raconterai plus tard pourquoi.

En arrivant dans l’état de Goa, j’ai eu le plaisir de retrouver la Nature ! Elle était comme moi, un peu fânée, un peu calcinée, mais là quand même ! Bananiers, cocotiers, rizières et plantations, du vert, Dieu que c’est bon ! A mesure que le bus progressait vers Panaji, et à tombeaux-ouverts, ça va vite, les maisons s’habillaient curieusement d’un parfum ibérique des plus charmants ! C’est donc dans un petit Porto indien que notre pilote nous déposa avant de relancer son bolide multicolore en sens inverse.
Si t’aimes les chiens errants, Linda De Souza et les églises tout de blanc chaulées, Panaji est pour toi. Je savais que tu résisterais pas à ce combo. Tu dois savoir que je ne mens jamais. Aussi, j’ai bien rencontré Linda de Souza, la valise en moins, si ce n’est sous les yeux à force de mater son portable. Elle était là, plantée au milieu du décor suranné de son restau goanais. Un peu comme partout en Inde, je n’ai pas été déçu du voyage gustatif que sa maison proposait. En général, c’est bon, c’est sain et c’est épicé, ouais ! Au fait, tu sais que je m’appelle Grandemange ? Non, bah renseignes-toi un peu ! Bref, du coup, je vais te parler un peu de bouffe ! Car s’il est des expériences qui valent bien la peine en voyage et de surcroît en Inde, c’est bien les découvertes culinaires ! Et vu que c’est plutôt très bon en général, je me suis mis direct en mode commando des papilles. Quand t’as 100 plats et que tu cales pas c’est quoi, tu suis l’avis du gars qui te sers, enfin si il a une bonne tête. Je t’ai joins une photo du St Graal de la bouffe indienne : le thali de poisson ! C’est une spécialité du Sud. Dans ce petit restau sympa de Panaji où l’excellente cuisine se confrontait à de curieux goût musicaux, j’ai pu déguster ce qui, de l’avis d’un gars de Mumbai, était le meilleur qu’il ait mangé. J’étais bien d’accord avec lui ! Pour 190 roupies (soit 2,5euros) t’as ce plat de malade + une limonade citronnée parce que faut qu’en même pas déconner. Au menu : poisson frais pané, coquillages à la coco, petites crevettes au curry, sardines en sauce, crudités, truc qu’arrache la fratz, riz, chapati (galette de pain)… et même un petit dessert genre baba au rhum. De la bebom, que bom !!

Évidemment cet héritage portugais n’est pas dû à un attrait particulier pour les acras de morue des Goanais. Tu l’auras compris, la région a été longtemps sous l’égide de la couronne portugaise et ce dès le XVIème siècle. Ce métissage surprenant se lit sur les façades, les enseignes et à plus forte raison dans la religion. Ici il y a plus d’églises que de temples hindhous!

J’avoue t’avoir encore raconté pas mal de conneries cette fois-ci. Sorry. D’ailleurs les écoles ne me donnent plus signe de vie. Aurais-je versé un peu trop dans la gaudriole ?
Aussi pour finir par une note plus culturelle et pour te permettre de briller en société, je vais te donner une petite indication architecturale des plus exotiques. Beaucoup des charmantes villas décaties qui fleurissent dans les quartiers de Fontainhas et Sao Tomé comptent de jolis balcons en fer forgé, mais certaines ont même des fenêtres en carepas. Bing ! C’est ça qu’il faut que tu places à la machine à café demain. Genre : « Tiens je me demandais si j’allais pas faire une fenêtre en carepas dans mon abri de jardin (… silence gêné...) Vous savez pas ce que c’est ? Oh les nazes… Bah des fenêtres en coquilles d’huîtres pardi » Ajoutez bien « pardi », et attendez les fêtes de fin d’année pour un effet bœuf… ou beauf, ou bof ;) Allez, je ferme les carepas. Até logo !

Thali de poisson : un régal !
Somewhere under the rainbow...
Autel et offrandes. Marie Copperfield (de cet angle on comprend le truc de l'auréole)
Comme un air d'Amérique du Sud. J'aurai dû en faire brûler un pour mon visa. Non pas d'enfant, de cierge !
Street Art Panaji / Panjim City - Goa
Paradis décrépis. Panaji / Panjim City - Goa
La vache qui rit pas. L'envers du décor. Non rassures toi, ce n'est pas une école pour disciples du petit moustachu. Le svastika est un symbole très présent dans le monde et rattaché à différents cultes depuis bien longtemps. Dans l'hindouisme, il possède de nombreuses significations sacrées et représente notamment le dieu Ganesh. Les 4 gammas qu'il figure lui ont aussi donné le nom de croix gammée.
Un camion citerne approvisionnant les usagers en eau. Vendeur ambulant de petits pains en forme de donuts... mais durs comme du bois.
Stairway to money. Quand j'ai visité le temple, c'était l'heure de la cueillette dans les donations box. Et celle-ci était incroyablement fructueuse ! Un homme faisait des liasses pendant que 3 autres amassaient une vraie petite montagne de billets ! Quand on pense la misère dans laquelle vit une majorité de la population, je comprendrai jamais ça...  Hanuman, l'un des principaux dieux (parce qu'y en a quand même 330 millions dans l’hindouisme !). Habituellement représenté comme un singe, il incarne le concept de bhakti (dévotion). 
Certes le cachet a expiré mais charmante villa quand même. Réservoir à dogs
Scène de rue typique dans le quartier de Sao Tomé.  Des touristes assortis et un joli coq de Barcelos, emblématique du Portugal. 

 

 

 

Chapter 4 – Palolem : such a cowool paradise !

Shanti shanti buddy (tranquille, tranquille mec) ! Bienvenue au paradis ! Partons directement du bon pied si tu veux bien, celui qui m’est resté après cet épisode survenu dès le 1er jour ici. 

Extraits de mon carnet : « Même si Tarzan bobo pied-pied, Tarzan content ! Alors qu’a donc fait notre homme-singe aujourd’hui ? Et bien pour commencer son jour du seigneur, et fêter lui-même, comme de bon aloi, Mr T. a commencé par : ne pas se lever. C’est dimanche. Cela implique que la couenne peut rester collée aux draps aussi longtemps qu’elle le désire. Ensuite, Tarzan est parti s’ébrouer dans l’Océan. Comme c’est une sorte de super-héros, il a nagé loin, jusqu’à une presqu’île. Là, Tarzan a grimpé sur les gros rochers. Puis, n’ayant pas trouvé de lianes, la folie l’a gagné (Liane Folie) et il s’est jeté à l’eau. A l’eau – Tarzan – Bobo. J’aurais cru que c’était plus profond... ou c’est la toison ? Bref, j’ai touché le fond ! » Cette petite histoire océano-pédestre marque ainsi mes premiers pas au Sud de Goa, tout en me collant une bonne épine au pied, au sens littéral et figuré. Je sais dorénavant pourquoi je voyage avec un ourson plutôt qu’un oursin !!

A Palolem, y a des cocotiers, mais ils ont mis des corneilles dessus. Y a des bungalows, mais ils ont mis des poules en-dessous. Y a des plages, mais ils ont mis des veaux qui courent par ici et des vaches et des chiens qui paraissent par là. Bref, à Palolem, y a pas de doute : on est bien toujours en Inde ;)

Pour ajouter au folklore de cette belle carte postale, y a des yogis comme s’il en pleuvait des cocotiers. Ici, beaucoup viennent ainsi suivre des stages intensifs de yoga. Une fois certifiés, les yogis un peu babas mais toujours cools, peuvent enseigner cette discipline qui trouve d’ailleurs ses sources en Inde. Le yoga allie la pratique d'un ensemble de postures et d 'exercices de respiration qui vise à apporter un bien être physique et mental. Si vous ne connaissez que peu ou pas, cela vaut peut-être la peine de s’y intéresser, d’autant plus en ce moment… 

Bon nombre de mes copains d’aventure sont d’ailleurs raccrochés à ces écoles, soit en tant qu’élèves, soit en tant que staff. En voyage, on rencontre bien sûr les gens du pays mais il n’est pas rare non plus de se lier d’amitié avec des voyageurs qui sont bien souvent dans la même dynamique que vous. Aussi, j’ai eu un réel plaisir à rencontrer en premier lieu Elena, une réalisatrice talentueuse d’origine Bulgare avec qui j’ai visité les bidonvilles de Bombay et qui est depuis devenue une véritable amie. Cette amitié est à l’origine de notre petit groupe tendance auberge espagnole, oscillant selon les aller et venues, entre le Club des cinq et le Clan des sept ! Un partage de bonnes ondes, de sourires, de fou-rires et d’énergie qui a grandement participé à la richesse de cette étape playa.

Cette escale fut aussi l’occasion de faire le plein d’artisanat pour l’association. Et dieu sait que j’y ai consacré un certain temps certain  Voilà comment j’ai par exemple passé 6h d’affilée (!) dans le magasin de Renuka. Un chai, une négoc, un chai, une histoire, un chai, un chien qui part avec ma chaussette, un chai… Renuka, contrairement à moi, est habituée à cela et m’a proposé de prendre le déjeuner avec elle et sa sœur. C’était très intéressant car j’ai pu bien échanger et apprendre de nombreuses choses sur les us et coutumes autour des repas, du culte hindouiste, de la scolarisation… Un beau moment. Et quand vous découvrirez l’artisanat que j’ai acheté et fait envoyé en France, ce sera bien autre chose que la cohue pour le PQ ou les pots de Nutella !

Prenez la position du lotus. Détendez-vous. Concentrez-vous sur votre respiration. Prenez un bon bouquin main gauche. Lisez. Prenez un bon verre de vin main droite. Buvez. Sentez votre corps, sentez votre cœur. Respirez. Vous êtes vivant. Respirez. Ça va passer.

 

Land Art Crab. Mais où est Craby ?
Friedi, son chéri Allemand, est détenteur de plusieurs records de slackline au Guiness ! 
Si ça c'est pas paisible... De gauche à droite : Homa (Iran), Denis (France), Theresa (Allemagne), Elena (Bulgarie) et Moïses (Mexique) - le club des cinq ! 
Lakshmi et Renuka pendant notre pause-déjeuner d'une folle journée shopping. Un petit plaisir perso : un tabla, la percu embématique d'Inde. D'ici à les enseigner, va falloir attendre...10 ans ! 
Ouais enfin bon ça vaut pas les sapins de la forêt de Xoulces. et pis c'est dangereux les noix de coco ! Sun
Set Scène de plage : corrida pacifIque.
La vache qui bronze. Manque plus que Pamela ! (encore que y en a beaucoup 
J'ai eu le bonheur d'observer une dizaine de martin-pêcheurs dans cette rivière qui se jette dans la petite anse de Palolem Vieux hippies cloués aux pilotis.
Bah pourquoi pas ? Tu sens quand même qu'y a des fans des sixties qu'ont quand même un peu trop pris le soleil par ici  Jésus, Marie.

 

 

 

Chapter 5 – Don’t worry, be Hampi !

Eh ben Paulo, mon S..... ! Si c’était un pote italien, il s’appellerait Fangio, mais non Paulo : c’est une compagnie de bus. Nous voilà en route pour « rallyer » Hampi. Forcément, quand t’as 2h de retard, si t’es champion, t’appuies sur le champignon. J’ai très vite compris qu’avec Paulo, le problème c’est pas le « quand » t’arrives mais le « si ». Ainsi, bercé par la douce mélopée d’une courroie fatiguée, je vogue dans ma couchette corps-billard. Le constructeur de  cet autochar a cru bon de ne laisser que 30 cm de hauteur au niveau des jambes, comme pour mieux préparer à la dernière demeure des passagers. 9h plus tard, Alleshiva, le temps de rassembler ses esprits et ses os, et nous voici à Hampi.

1er petit-déjeuner sur le toit-terrasse de la Ganesh Guesthouse avec le sourire aux lèvres et la conviction que cette étape va être magnifique. De là, j’ai une vue imprenable sur les gopuras1 du temple Virupaksha, véritable phare de la cité. Cette pièce-montée gourmande aux allures de temple maya s’élance vers un ciel sans nuage. Sur ses flancs, d’innombrables singes ajoutent encore à l’exotisme du décor, à la magie de ces lieux qui dans le Ramayana2 apparaissent sous le nom de Kishkinda : le royaume des dieux-singes. Nos si proches cousins éloignés l’ont bien compris et investissent chaque recoin du site qui recouvre pas moins de 36km2 et compte plus de 3 000 monuments !
En contre-bas, dans les ruelles d’Hampi Bazaar, la vie suit son long cours tranquille. Shanti, shanti. A mes côtés, 3 mémés enrubannées dans leurs saris chatoyants, tiennent un conciliabule insondable pour mes oreilles profanes. Comme moi, en bas dans la rue, les hommes sont au chai. Celui-ci est pieds nus et slalome entre de sacrées bouses. Celui-là se racle la gorge et gratifie la terre-mère du fruit de ses recherches quand ceux-ci, torses-nus, ajustent leurs pagnes pour se rendre à la toilette, je présume. Au milieu de tout cela, des vaches paressent ou se promènent. Les mandalas fraîchement dessinés sur le pas des portes, s’ils repoussent le mauvais œil, ne parviennent pas à éconduire les plus hardies d’entre elles qui viennent les saboter, avant d’être priées d’aller ruminer ailleurs par la maîtresse de maison. Il n’est pas 9h et il fait déjà 30°C. Dans 2h, on pourra en rajouter 10 de plus. Hampi c’est aussi beau que chaud !

Il est assez facile de visiter les ruines par soi-même. Certes, on n’y verra que des pierres là où un guide vous y aurait conté légendes et dynasties. Néanmoins, quel bonheur que de tracer son propre chemin, au petit matin. Le portail est ouvert, cela semble être une école. Je surprends les prières de fidèles, qui sont-ils ? Des enseignants, des prêtres ? L’un m’invite à suivre ce sentier que j’emprunte déjà et n’espérais même pas. Un passage se dessine sous des blocs de pierres, colossaux, hauts comme des immeubles, couvrant d’immenses salles naturelles. Je suis la lumière, celle du soleil qui augure cette belle journée, et débouche sur un vaste plateau qui surplombe le site : majestueux. Je suis la lumière. Je suis ma lumière.
En 1336, un prince Télougou3 choisit Hampi pour devenir la capitale de ce qui va devenir l’un des plus grands royaumes de l’histoire indienne. Néanmoins, j’avoue être bien incapable de citer les noms de ces souverains Vijayanagar qui bâtirent cette cité grandiose. Sans doute parce que l’écrin vaut le bijou qu’il renferme. La Nature a depuis longtemps mon penchant, plus que les murs que l’Homme y dresse.

1 Haute tour-portail d’un temple dravidien, en forme pyramidale
2 Le ramayana est une épopée mythologique en langue sanskrite composée entre le IIIème s. av J.C et le IIIème s. de notre ère. Avec le Mahabharata, ils représentent les deux textes sacrés fondamentaux de l’hindouisme.
3 Rigole pas, il y a 80 millions de locuteurs de cette langue dravidienne.

 

Un langur à face noire ou entelle d'Hanuman.
L'aventure des arches perdues
L'armée des 1 000 singes. L'un d'eux m'a piqué mes Fisherman's Friends : it's a bit strong ! Pêche au filet sur un coracle embarqué sur la rivière Tungabhadra
Le temple de Kodanda sur les rives de la rivière est dédié à Rāma : roi légendaire de l'Inde considéré comme le 7ème avatar (incarnation) du dieu Vishnou Offrandes
Le temple Achyutaraya au lever du soleil. Au Nord, il ouvre sur ce qui était jadis un vaste bazar Salutation au soleil. La mer de verts en arrière-plan abrite des palmeraies, des babaneraies et des rizières essentiellement
Une vue à 360° depuis Matanga Hill. Le décor qui abrite les magnifiques ruines d'Hampi est irréel. Les dieux semblent avoir joué au Kapla avec les rochers Une porte dans la falaise et vous voici sur le chemin d'un autel à offrandes, d'une statue cachée
Des cousins aux gestes et postures très humains Sméagol ?
Col de Grosse Pierre ? Le gopura du temple Virupaksha, emblème de ces cités d'or indiennes
Ramassage scolaire. Les uniformes sont obligatoires en Inde. Pas les claquettes a priori  La montagne des singes
Balayeuse au Lotus Mahal Temple Exemple d'ornementation indo-islamique au Lotus Mahal Temple
Les étables des éléphants : c'est grand ! United colors of Sarito
   

 

 
 
 

 

Chapter 6 – Hampi : Happy Holi !

Life is a drink and love's a drug (...) Ah-oh-ah-oh-ah, Got me feeling drunk and high...
(La vie est un verre d’alcool et l’amour est une drogue ... Voyelle, consonne, voyelle, consonne... Je me sentais ivre et défoncé. 4 lettres. Pas mieux. Holi !)  

Ouais man, ça fait planer Coldplay ! Lorsque j’ai découvert leur joli clip en 2015, ça a fini de me donner envie de vivre cette incroyable fête des couleurs en live ! Ivre de Vie et défoncé à l’Amour : voilà un beau programme !

La Holi est une fête hindoue datant de l’antiquité qui célèbre l’avènement du printemps et la fertilité. Aussi appelée fête des couleurs, elle est plus largement fêtée dans le Nord du pays mais, heureusement pour moi, aussi un peu partout en Inde. Traditionnellement, les célébrations commencent le soir de la pleine lune du mois de Phâlguna, 12ème mois du calendrier hindou, qui s’étale entre les mois de février et mars du calendrier grégorien. Lors de cette soirée, les Hindous se rassemblent autour de grands feux et accomplissent des rituels religieux. Ces feux commémorent la crémation de la démone Holika par le dieu Vishnou1, symbolisant la victoire du bien sur le mal. Comme quand Nicky Larson tue les méchants ! Uuuuueuuuuh Leura !

Le lendemain, habillés de blancs et armés jusqu’aux dents de poudres et mixtures colorées, les participants entament en fanfare, une joyeuse colors war. Impossible d’échapper à ce baptême chromatique. Donc, keep cool and don’t panic ! Autant faire comme JC et se laisser entarter. Quand la main se lèvera, empoudrée elle sera, et l’autre joue tu tendras. Ou comment passer de la guerre des couleurs à celle des étoiles en un yoda2. Cette caresse enduite et induite s’accompagne généralement d’un « happy holi ! » ou d’un « Bura na mano, Holî hai » en hindi : « Ne soyez pas fâché, c'est la holi ».
Bah oui, parce que la Holi, c’est avant tout un rassemblement bon enfant et bon esprit. C’est l’occasion de se retrouver et de rire, de partager et de pardonner, de fêter l’amour et le renouveau... et d’envoyer pleins de pigments dans la gueule des petits blancs !! ;) Cela dit c’est pour ton bien jeune padawan, alors prend ça comme un jeu ! Chaque couleur revêt une signification particulière et toujours positive.  Une grosse main verte sur ton pif te procurera harmonie, une poudre bleue dans tes yeux te prêtera vitalité, et un ballon rouge qui t’éclate sur la noix mon coco, t’apportera joie et amour Roméo !

En théorie, la Holi transcende le système des castes et invite tout un chacun, femmes, enfants et hommes, pauvres ou riches, à se joindre à la liesse et à tomber la laisse. En pratique, j’ai vu très peu de femmes indiennes participer à cette bataille colorée et je doute que les notables viennent se faire peinturlurer la margoulette par ceux qu’ils méprisent ostensiblement toute l’année. Mais j’adorerais !!

Bien sûr cela m’a rappelé le Songkran, la fête de l’eau que j’ai eu l’occasion de célébrer en 2017 en Thaïlande (carnet) et qui revêt grosso modo la même signification. De la même façon, la musique accompagne les festivités, tambours battant et enceintes hurlant ! Pour celles et ceux à qui la musique ne suffit pas à lâcher prise, du jeune hippie au chauffeur de moto-taxi, le bhang devrait leur permettre de rompre les derniers gestes barrières. Il s’agit d’un comestible à base de cannabis qui rend les lassis plus funky et la Holi plus happy. Ou flapi selon le consomhasheur. De mon côté, je me doute que ce n’était pas la plus traditionnelle des Holis, mais j’en garde un réel bon souvenir.
Toutes et tous dans une même vibration, peaux multi-couleurs multicolores, sourires francs éclatants, c’est la danse de la vie, c’est la danse de l’union. Respectons les gestes ponts ! 3

 

1 Vishnou est le deuxième dieu de la trinité hindhoue (trimūrti) avec Brahma et Shiva. La trimūrti incarne le cycle de manifestation, conservation et dissolution de l'univers dont Brahma est le créateur, Vishnou le protecteur et Shiva le destructeur.
2 Pour info, n’en déplaise à ses détracteurs, si on considère une pomme de taille moyenne, mettons 10/12cm, alors Yoda était plutôt haut comme 6 pommes et non 3. En somme, pas si petit, il était.
JC a dit fort à propos dans Jésus II, le Retour : « Vous allez finir par vous aimer les uns les autres, bordel de merde ?! ». Je dédicace ce verset à un cousin perdu qui se reconnaitra...

 

Un chariot de munitions : la poudre colorée appelée gulal
Ambiance bon enfant
Un dernier bain de foule avant les règles de distanciation sociale... Et un peu de jaune, symbole de l'amitié. Comme dirait l'ours Maturin : tu veux être mon ami ?
Peintures vivante De la poudre aux yeux
"Oh my gods, j'ai laissé brancher l'aspi !" ou, plus prosaïquement : Indien hurlant.  United colors of bande de jeunes
Jésus II après son prêche : "Vous allez finir par vous aimer les uns les autres, bordel de merde ?!" Un ange
Un doute Holi Denis. Miracle du jour : appareil 
Rosy, sourire à la vie Rouge pivoine, jaune canari : en trance Holi
Big bhang therapy En kiff
Zia, Cha et Lucie, 3 Frenchies, 1 000 selfies avec des Indiens amourachés Accrochez-vous au rythme, on va décoller !
A défaut d'avoir vu un tigre... La panthère rose. Peintre en beaux pigments

 

 
 

 

Chapter 7 : Maudit Modi !

3ème et dernier carnet consacré à Hampi. Au menu, au choix : écrasé de maisonnées et poule au pot-de-vin ou fric assez de blé et d’oseille et brochette de porcs. Les 2 ? Gourmand(e) ! Heureusement, je te réserve un dessert très sympa pour finir sur une note plus savoureuse, un délice de parfums, de couleurs, de lumières. Le verbe est épicé mais l’image est suave. La cuisine indienne c’est souvent ça : au départ on pleure sa maman mais au final, on en reprend ! Ainsi et malgré tout, du confidentiel au grandiose, d’une partie de billes dans un village, à une pétanque divine de monolithes de granite, Hampi est incontestablement mon étape coup de cœur dans ce trip indien.

Ici, en ce moment, le gouvernement rase à tout va. Comme si l’histoire d’Hampi ne devait s’écrire qu’à coup de boutoir. Le premier vint au milieu du XVIème siècle. A cette époque, Hampi ne ressemble guère au petit village d’aujourd’hui, alangui à l’ombre des temples et des palmiers. Il s’agit alors d’une grande ville prospère et d’un important carrefour commercial. Cet âge d’or prend brutalement fin en 1565, lorsqu’une armée venue des sultanats du Deccan déferle sur la cité, pillant et saccageant tout sur son passage. Le royaume de Vijayanagar ne s’en relèvera jamais. L’histoire : un éternel recommencement.
L’armée d’aujourd’hui, c’est celle de Modi, qui n’a rien d’un modéré ! Planification, expropriations, démolitions. Circulez y a rien à voir, 3 coups de bâton et au revoir ! Certes, l’urbanisation autour des temples est, ou était, quelque peu chaotique, mais c’est aussi ce qui confère tout son charme au site d’Hampi. Il y a de la vie dans l’Histoire.
Dans le quartier de Virupadur Gaddi où ont eu lieu d’importantes destructions juste avant mon passage, les constructions ne défiguraient absolument pas le site. L’intérêt est donc ailleurs et je pressens fortement que le gouvernement indien entend tirer profit de cet incroyable site, jusqu’ici sous-exploité d’un point de vue financier. Ainsi, sous le couvert de l’intérêt de préservation, Hampi risque de se transformer en un nouvel Angkor, avec un prix d’entrée prohibitif décuplé et pourquoi pas en dollars ! Ce ne sont que des conjectures mais qui me paraissent pertinentes.
Modi : garant des traditions, de la nation et bien sûr du pognon ! Tu l’as compris, je n’apprécie guère ce cheapster nationaliste démagogue, 1ère milice actuelle. Pardon, 1er ministre actuel. Le nationalisme ou l’art d’exacerber les tensions, le patriotisme pour savonner la planche à l’union. Où s’arrête la connerie d’un chef d’état qui entend réécrire l’Histoire ?! Oui je sais, il n’est pas seul. C’est bientôt l’été, allumez les barbec : on en a des brochettes de ces dirigeants pérorant, déviants et malveillants !
Oups, pardon pour ce petit slide historico-politique. Il faut croire que mes fréquents emmêlements avec l’administration indienne ont quelque peu attisé ma colère contre le pouvoir en place.

Ok. Modi, non. Mowgli oui ! Là, je m’identifie, là je me reconnais ! « Il en faut peu pour être heureux ! » Voilà peut-être pourquoi le temple juché au sommet de Anjanadri Hill a ma préférence. Selon la légende, c’est ici que serait né Hanumān, le dieu-singe hindou, fidèle à Rāma. Comme quoi le voyage ouvre de nouvelles perspectives. Je croyais que le dieu-singe était né à Remiremont, en 1978. Un jour on me construira aussi des temples, probablement. En attendant, je sacrifie mon génie sur celui de la connerie ;)
J’aurais aimé aussi te parler de ces sādhus1 barbus qui cueillaient des herbes, du sosie de Brigitte Fontaine qui tressait des sacs en fibre de bananier ou encore d’Anello, un joueur de oud électrique mais le temps passe trop vitre. Je préfère te laisser profiter de la vue ! Ainsi se referme ce volet, comme une fenêtre sur des porte-ouvertes. Rideau !

1 « Le sādhu est, en Inde, celui qui a renoncé à la société pour se consacrer à l'objectif de toute vie, selon l'hindouisme, qui est le moksha, la libération de l'illusion, l'arrêt du cycle des renaissances et la dissolution dans le divin, la fusion avec la conscience cosmique. » (Wikipédia)

 

Pour commencer en beauté
Quand le panthéon des divinités hindhoues a des airs de moulin rouge !
Le gopura principal du temple de Virupaksha Ma théorie : un cadran humano-sol-itaire. Un gars bouge en fonction du soleil pour marquer les heures 
L'épreuve des poteaux en 1565 : toujours pas départagés. Le temple de Vittala, dentelle lithique
Un couple d'inséparables. Aujourd'hui, 2 tiers de ces couples de psittacidae divorcent malheureusement En paix
Autant ce royaume a construit de beaux temples, autant un char en pierres... franchement les gars ! Les sompteuux "Bains de la Reine". "C'est le bain de Cléopâtre... La la la la la la la"
Ecoliers visitant la ville royale et ses superbes murs d'enceinte. Bains y a des marches !
Anegundi : repas offert par la communauté aux femmes et enfants pauvres du village Intriguée
Cantine sociale : une entraide qui fait chaud au cœur ! nb : on m'a proposé à manger. Un joli mandala pour chasser le mauvais oeil et protéger le foyer.
Scène de vie à Anegundi Bernard ma bille et un lancé "Indian style"
Marchand de tomates ambulant Anegundi : des vieilles maisons aux jolies architectures et des jeunes filles aux beaux sourires. Simplicité et authenticité
Avec ça, il va pas s'envoler leur arbre. Ah ces sadhus... Selfisteem
Si on étaient plus cons, on pourrait faire un selfie aussi. Vivement la prochaine étape ! Riz. Palmiers. Gros cailloux. 
Ça c'est de la légende photo
Un descendant d'Hanuman - "Chérie, t'inquiète. On a retrouver ta boucle d'oreille."
Une scène de vie haute en couleurs ! L'Art von Tree
Jesus- Frog Anubis. Toujours à la recherche de sa maison
Pas trop moche Pétanque divine
Hemakuta hill. Bon ap Tac !
Balou. Forcément, avec un nom comme ça, on ne pouvait que s'entendre. Ce jeune mec adorable a la polio depuis son enfance. Je lui ai donné un coup de pouce. Il en faut peu pour être heureux. Hanumanthappa au centre, entouré de sa belle petite famille est conducteur de ricksaw. Nous allons prendre en charge la scolarité de Rajesh, le plus jeune de ses 2 fils, un garçon vif, gentil et intelligent.
es déMODItions à Virupapur Gaddi. Les habitants ont été priés de quitter les lieux séance tenante... Au sommet d'Hemakuta Hill
Hanuman temple Hanuman temple, le rêve de ce voyage
   

 

 

 

Chapter 8  - Mysore : le début de la misère

On est dimanche aux aurores et j’arrive à Mysore : timing parfait.  Le train me dépose avec quelques centaines d’autres péquins de l’Express d’Hampi, formant une formidable foule de fourbues fourmis. Le dimanche, Mysore illumine son trésor, son château nougatine. « C’est un drôle de château, car c'est un gros gâteau ! » dirait Chantal. Et il faudra se contenter de cette délicieuse analyse architecturale car aujourd’hui, le palais est fermé. Okay, pas de palais. Qu’à cela ne tienne, cette grande ville d’un million d’habitants en compte 7 : il y en aura bien un d’ouvert ! Sauf qu’y a maldonne : c’est lock-down. Si tu speak pas l’english, je te rafraîchis les esgourdes : « confinement maman !1 ». L’état indien est en train de fermer tous les lieux touristiques, les hôtels, les parcs, etc.
Si tu as fin nez ou bon œil, tu remarqueras pourtant que j’ai fait pas mal de photos dans des endroits bondés où la distanciation s’arrête à l’épaisseur du pantalon. Alors pourquoi ne pas fermer les marchés en priorité ? Car sans doute ce n’est pas là qu’on l’attend, le diable blanc. Oui, parce que ce qui a tout de suite suivi la fermeture des lieux touristiques, c’est celle des mentalités.

Certains indiens commencent donc à regarder les étrangers comme des pestiférés. J’aimerais expliquer à cette grosse patate enrubannée qui me dévisage que le problème n’appartient pas à une race, un pays ou une couleur de peau : c’est une pandémie ! Et quand un crétin a cru bon de ponctuer mon passage en répétant « virus », bah tu vois Gandhi, là tout de suite la non-violence, ça me parle moyen. Ou comment offrir une aide médicale d’urgence en le libérant d’un coup de ses vieux chicots ! Mais non je ne l’ai pas fait. On n’arrête pas la bêtise avec des poings. Non, des pieds non plus. Des mots ? Des ponts ? Des mots-ponts pour soigner les moutons ?

En tous cas la messe est dite, comme on ne dit pas ici. Mon but est désormais simple : passer entre les gouttes et si possible attendre la fin de l’orage au Kerala. Je suis déjà soulagé d’avoir un endroit où crécher ici ! D’ailleurs bizarrement, il n’y a presque que des Français dans mon hôtel, version radeau des médusés. J’ai aussi ma cantine attitrée, l’Indra Café, dont les plats sont aussi exquis que les courbes de la chanteuse de pop que tu avais pourtant oubliée. Son titre le plus connu ? Misery ! On reste dans la thématique.

Malgré tout cela, j’ai quand même eu l’occasion de plonger un peu dans les couleurs de la ville. J’aimais aller capter cette lumière mordorée du coucher, quand le soleil couvre soieries et fleurs coupées d’un voile orangé. Les volutes d’encens se mêlent aux fragrances d’huiles essentielles, deux spécialités de la cité. Parfums entêtants et ballet coloré, il y a tellement de vie, et encore des sourires. La vie est un marché, pleine de couleurs, pleine de saveurs. Un marché pour le moment couvert où chacun est libre de cueillir ce qu’il veut.

Pendant ce temps en France, à bout de courses, des sagesses meurent esseulées. Dans le même temps, leurs descendants toujours plus bas, super cons-sommateurs empilent des montagnes de PQ. Il n’y en aura en effet pas assez pour torcher ce qui leur sert de cervelet. Si on sort plus couverts, on évitera la contagion. Si on en sort plus ouverts, on évitera l’extinction.

1 C’est le cri de guerre de mon Ami Rudy de l’Estaminet, ricané dans son bar, barricadé, à devenir Jo Bar sans sa team !

 

Mysore, ville de passage et repassage La ferveur hindoue
Un inconnu vous offre des fleurs Pause chaï
Les kum-kum sont des poudres colorées, traditionnellement utilisées pour les bindis (motif peint ou posé sur le front des hindous)
Les fleurs servent principalement aux offrandes  
   
Les enfants d'une fabricante d'encens Dans ce minuscule atelier de qq m2, 4 femmes roulent chacune 2 000 encens par jour. La poudre est fixée aux bâtonnets grâce à une pâte de jasmin.
Vous n'auriez pas un top taupe ? Petit vendeur de jus de canne frais. Parfois agrémenté de menthe et de citron, c'est un réel délice !
  Bloqués.
La tête dans le sac. The Grapes of Wrath ?
Beau geste. Non seulement il est blanc, mais en plus il nous prend en photo ! 
Vert jette rien. Paysannes ou aristocrates, les femmes indiennes ont toujours belle allure. 
Un charmeur de fleur.  Où est Charlie au pays des saris ? 
Rick Show. Le château nougatine et la promesse éteinte de souffler ses bougies.
All along the clocktower Jeune vendeur de bijoux.
Crosstown traffic Bosser pour des cacahuètes !
   

 

 

Chapter 9 : At the Inde

Un foie n’est pas costume, je vais commencer par te remercier de me lire, ainsi que toutes celles et ceux qui ont suivi mes pérégrinations chez nos amis les Indiens d’Inde dingues. Ce dernier carnet ne correspond pas à une étape mais plus à un petit bilan de ce trip. Les photos qui l’accompagnent ont certes moins d’intérêt photographique, et pour cause, elles proviennent toutes de mon vieux téléphone. Néanmoins, elles ont l’avantage et le but de vous montrer les coulisses de ce périple. Comme il est toujours difficile de résumer un long voyage, j’ai pris le parti de vous livrer aujourd’hui un condensé de cette expérience mi-pulpe, mi-pépins. Les grains qui composent le voyage de la vie n’ont pas tous la même saveur mais méritent néanmoins d’être goûtés. Voici les saveurs de celui-ci, sous forme d’abécédaire.

Aider un jeune de la rue à s’en sortir en lui cherchant un petit boulot. Lui ouvrir de nouvelles perspectives en essayant de développer chez lui une vision à moyen terme, constructive.
Assister mon amie Elena, réalisatrice chevronnée et passionnée, du bidonville où l’on se rencontre à un shooting sur la plage où l’on se dit au revoir. http://treebenchfilms.com/
Attendre jour après jour des nouvelles d’un ancien ministre de l’environnement censé faciliter mon renouvellement de visa.
Chiller(1) en mode peace and love avec des gens de tout âge, de toute confession, de tout statut social, de tout pays.
Chiner de beaux objets pour l’asso, échanger et marchander des heures avec les vendeurs.
Contempler la beauté irréelle du site d’Hampi, une pléthore de temples dans un fantastique décor minéral où grimpent les héritiers d’Hanuman.
Constater l’enfermement du gouvernement dans un nationalisme dangereux et autoritaire. Le BJP : Bande de Jean-Foutre Patriotards !
Danser en silence, avec la jeunesse mondiale et les DJ Goanais lors d’une « Silent Party ».
Déambuler dans les rues paisibles du quartier de Fontainhas à Panaji, comme à Porto.
Débarquer d’un bus, comme un pestiféré, sommé par la police et un médecin d’arrêter là mon parcours, sans écoute et sans solution. Brouette de cons !
Échanger longuement avec mes amis du voyage, d’Inde ou d’ailleurs, avec vous.
Embarquer sur un vol d’Air Asia après une aventure rocambolesque à la James Bond. Si t’as pas de visa, aie de l’aplomb !
Espérer retrouver l’Amour des Hommes (avec un grand H :) sur cette terre de spiritualité, guidé par les mots de Gandhi.
Fêter Holi, le festival des couleurs, une explosion de sourires et de bonne humeur.
Galérer avec les services d’immigration et les autorités in-compétentes.
Griller ses neurones et ses yeux, confiné au paradis, avec pour voisine une Russe sculpturale, mélange de Scarlett et d’Adriana : Scarletta Karemba, toute la journée en bikini. Pas facile ;)
Jammer sur le coin d‘une table dans un bidonville, ou sur un happy-drum sous les cocotiers.
Nager dans l’Océan, sous le soleil ou sous la lune, dans des nappes bleutées de plancton bioluminescent : une expérience magique entre Peter Pan et le Kamé Hamé Ha de Son Goku.
Partager des joies, des peines, des films, des plats, des rires, des peurs, des idées, des rêves, des projets, des plans, des souvenirs... Partager !
Pester contre la bureaucratie indienne, le gouvernement et les riches aveugles de ce pays si pauvre.
Quitter le pays, pour renouveler son visa, un détour par Bangkok et la gentillesse des Thaïs. Le quitter encore et pour de bon, avec 250 « Français bloqués à Goa ».
Rencontrer son prochain et lui prêter l’oreille, de la vendeuse de bracelets au figurant de Bollywood, en passant par tout un panel de voyageurs-yogi-cool.
S’amuser du folklore indescriptible de la rue, des codes sociaux, des films de Bollywood.
Savourer toute la richesse culinaire et les délices de la cuisine indienne, couleurs et saveurs au menu.
Sauter dans un train qui part, bondé, 1ère épreuve du décathlon indien.
Se faire balader par Ramish, d’une gare à une autre, et naviguer entre espoirs et déceptions.
S’émerveiller aux pieds des sublimes bâtiments du Sud de Mumbai et surtout VT, la gare principale, à mi chemin entre le château de Walt Disney et la Place Rouge.
Sentir les effluves d’encens et du chaï, véhicules olfactifs pour décoller vers la planète hindoue.
Se perdre dans les dhobi ghats, à la rencontre des hommes qui font tourner la plus grande machine à laver du sous-continent, ou dans les bazars colorés, les marchés parfumés.
Se réfugier au Lawrence, un hôtel TransInIndia dans son jus où la gentillesse des propriétaires fait presque oublier la folie bruyante de l’immense jungle urbaine qu’est Mumbai.
S’immerger dans le slum de Dharavi, et découvrir un bidonville étrangement bien organisé.
S’indigner du peu de cas que l’on fait de la pollution en Inde en observant des coins, des rues, des villes-poubelles.
Trainer son pied-patate, des semaines, d’un massage ayurvédique au protocole impeccable d’un hôpital de Bangkok.
Yoger pour la 1ère fois, comme Claude l’aurait fait (2), avec 2 beautés pour me guider.

1 se reposer/prendre du bon temps
2 cf le film Podium « Il faut savoir que quand les Delpech, les Dave, les Sardou rentraient de boîte pétés comme des coings, Claude, lui, dès potron-minet, il yogait... Magnolia for ewer ! »

En déballant mon sac, de retour en France, j’y ai trouvé quelques nouveaux amis, des projets à nourrir, de jolis instantanés, une tonne d’artisanat à proposer et une certitude. Malgré tous les désagréments de ce voyage (surtout administratifs en fait), il est devenu je trouve, trop facile de voyager en 2020. Résultat : une perte d’authenticité et d’intensité. J’ai donc envie de voyager plus léger, dans tous les sens du terme. Un touriste consomme des expériences, un voyageur les vit. Consommer c’est avoir, vivre c’est être. Je sais déjà comment conjuguer mon prochain voyage ;-)

Un grand merci à Isa et Alex pour le suivi en France du voyage et des activités de l'asso.

Mon œuvre préférée de mon amie Mamta Rencontre avec Mamta, à l'occasion d'une de ces expos. Une femme brillante et engagée. Journaliste, politique, écrivaine, artiste... altruiste et bienveillante !
"Les personnes qui utilisent l'ascenseur le font à leurs risque et péril" Train bondé
Ramish à droite et son amie Pinkie, pas habitués à manger à une table. Une douce paranthèse dans leurs vies chaotiques. "Thank you, come again!"
- On verra India.
Ce qui est bien, c'est qu'on se sent rarement seul en Inde  Son 7.1, hologrammes à l'entrée, hymne national avant le film. Welcome au ciné made in India pour un Bolywood tout en testostérone moustachue.
Capital sympathie et profession oubliée, le mec est portier  "Ne gâcher pas l'eau"... et arrêter de klaxonner bordel !!!
Mon train est en plateforme 18, je vous laisse imaginer la taille de "VT" : la gare Chhatrapati Shivaji Terminus. My favorite beer in India. D'ailleurs vous savez ce qu'est une IPA ? (India Pale Ale). Alors posez votre mousse et cherchez, c'est intéressant.
Oh ! Un singe volant, avec une glace à la pistache. Que de temps perdu pour un putain de tampon !
Un petit déj classique au "Royal Touch" à Palolem. Version tropdurlalife ! Pied-patate : putain d'oursin !
La vue depuis ma petite hutte. En pleine négoc avec Sajid et ma pote Theresa.
Préparation des envois avec Tufaël. You don't speak Hindi ?!
Bangkok, comme je l'avais quitté, un joyeux bordel ! Bureau de campagne.
La gentillesse des Thaïs et une belle conversation avec Eddy. La pause-déjeuner chez Renuka entre 2 achats.
Autel familial chez Renuka. Mes compagnons de voyage sur l'Hampi Express.
Arrivée à Hampi à la Ganesh Guesthouse, vue imprenable et ambiance familiale Rajesh, un petit bonhomme au top, nouveau filleul Voir Plus Loin.
Holi Denis. L'assiette c'est une feuille de bananier, les couverts, ce sont tes mains. Bon ap mon gamin !
Pour des rêves colorés à Mysore (et parce que les draps sont dégeulasses aussi) Comment venir à bout du corona...
Mes 2 grandes potes du voyage : Valeryia et Elena. Très différentes mais aussi pipelettes l'une que l'autre 
Dernières soirée avec les potes : Homa, Elena, Moises et Valeryia derrière l'objectif. Love U guys ! Petit témoignage avec Schkroumpf sur le confinement made in India. Avec les amis Elena et Moises, tous 2 réalisateurs.
https:// www.moisesanaya.com/work
http://treebenchfilms.com/
En route pour la sweet home. De retour à la maison, avec quelques carnets à écrire a posteriori, et un bon picon par mesure préventive uniquement (contient de la quinine).